Appel

Économie(s) du document : pratiques et prospectives liées au numérique
21e colloque international sur le document numérique
Djerba, 22-24 novembre 2018

Appel à communications
Depuis plusieurs décennies, le document numérique et l’information digitale ont envahi notre quotidien de citoyens et de chercheurs au point que l’on parle désormais de société post-numérique, comme si toutes les questions soulevées par ce changement de paradigme avaient été posées, comme si toutes les réponses avaient été apportées. Le concept de troisième révolution industrielle popularisé par l’économiste américain Jeremy Rifkin et massivement relayé tant par les médias que par les pouvoirs publics, tend à confirmer cette lecture d’une société dont le basculement informationnel serait maintenant suffisamment abouti pour pouvoir être dépassé.

Pourtant, si la prépondérance du numérique dans le domaine info-documentaire est bien un fait, chaque année apporte son lot de nouveautés, de perfectionnements, d’évolutions et de transformations, particulièrement dans un domaine où les innovations techniques sont rapides et nombreuses, entraînant des changements à la fois structurels, conceptuels et fonctionnels.

Dans de nombreuses disciplines scientifiques, le document numérique continue à évoluer, à faire bouger les cadres, à renouveler les usages, les lectures, les approches visant à l’étudier et à le comprendre, notamment à travers de nouveaux outils et méthodologies d’analyse (humanités numériques) et les potentialités d’exploitation (big data, smart data, données de la recherche, deep learning). Ces évolutions vont de pair avec l’enjeu de l’ouverture citoyenne (open data, ouverture des données publiques, open science), etc. Elles dépassent de loin les domaines traditionnellement réservés aux « professionnels du document ». En s’intégrant chaque jour davantage dans la sphère scientifique, industrielle, sociale, politique…, le document numérique construit toute une économie – au sens originel et général du terme grec οἰκονομία, « administration du foyer » – jusqu’à présent insuffisamment étudiée, et dont la dimension financière n’est qu’une des facettes.

Cette vingt-et-unième édition du Colloque international sur le Document Numérique (CiDE.21) propose d’interroger la numérisation info-documentaire dans ses conséquences sur cette économie – ou ces diverses économies – du document, sur le fonctionnement général de l’environnement documentaire et sur son organisation. Ce questionnement ne se focalise pas exclusivement sur les aspects pécuniaires. En effet, c’est tout le panorama des efforts consentis par les acteurs du document numérique, des mutations induites par la numérisation qui est visé, à travers ses aspects les plus divers, tels que les coûts attentionnels et cognitifs, les changements d’accès tant techniques qu’organisationnels ou structurels, les aspects liés aux infrastructures, à la conservation, à la structuration et à l’archivage, ainsi que tout l’engagement nécessaire aux usages du document : formation, gestion, valorisation et hiérarchisation, évaluation, évolution des métiers, de la transmission et des accès, etc. Les propositions de communication traitant ces thématiques, et notamment des questions suivantes, sont donc les bienvenues :

  • coût, prix et valeur du document et de l’information ;
  • protection du document (droit d’auteur, copyright, fair use…), reproductibilité et réutilisation (notamment pour la fouille de textes dans le cadre de la Loi pour une République numérique) ;
  • création de nouveaux services (notamment dans le cadre des initiatives publiques pour l’open data) ;
  • économie collaborative (notamment dans la production de documents, de données et de métadonnées) ;
  • marchandisation des données publiques et privées ;
    nouvelles connaissances et compétences à acquérir comme prérequis nécessaire à la création, à la manipulation et à l’accès aux documents ;
  • économie cognitive documentaire, notamment au cours de la conception et de la mise à jour du document, et les échanges suscités.

Soumission